Lex publica : Les juges de laction administrative droit administratif
En cas de doute sur la nature - juridictionnelle ou administrative - dun organisme, il faut se
référer à la nature des matières qui lui sont soumises : - C.E., Ass., 12 décembre 1953, De Bayo.
B - Les juridictions administratives à compétence générale
1 - Le Conseil dÉtat
a - Composition
Selon l'ordonnance du 31 juillet 1945, le personnel - effectif denviron 300 membres au
01/01/2001 - du Conseil dÉtat comprend :
- un vice-président - président effectif et premier fonctionnaire de lÉtat (actuellement Re-
naud Denoix de saint Marc),
- six présidents de section,
- des conseillers d'État en service ordinaire - 141,
- des maîtres des requêtes - 123,
- des auditeurs -22.
On relève également la présence
- dun secrétaire général,
- et de 12 conseillers dÉtat en service extraordinaire. Ce sont des personnalités qualifiées
dans les différents domaines de l'activité nationale. Ils sont nommés par décret pour un mandat de 4
ans non renouvelable immédiatement. Ils ne prennent pas part à la fonction juridictionnelle.
Les commissaires du gouvernement sont nommés par décret parmi les auditeurs et les maî-
tres des requêtes. Ils proposent, en toute indépendance - malgré leur nom -, des solutions conten-
tieuses sous forme de conclusions - C.E., 10 juillet 1957, Gervaise1.
La présidence, symbolique, du Conseil dÉtat revient au Premier ministre - lors de la céré-
monie douverture, essentiellement. En pratique, cette présidence reste très théorique et celui qui est
à la tête du Conseil dÉtat est le Vice-Président du Conseil dÉtat (Renaud Denoix de Saint Marc,
depuis le 24 avril 1995).
Lindépendance des membres du Conseil dÉtat est moins assurée juridiquement que celle
des magistrats de lordre judiciaire - malgré la décision C.C., 22 juillet 1980, Loi de validation2. On
relève surtout des garanties de fait : par exemple, la coutume veut
- que les avancements de grade se fassent à lancienneté - au tour de bête -, et non pas
au choix comme le prescrivent les textes,
- que les membres du Conseil d'Etat soient inamovibles,
- que lon ninflige une sanction disciplinaire aux membres du Conseil dÉtat que dans des
cas exceptionnels et pour des faits extrêmement graves - en 1852, affaire Reverchon en rapport
1 Le Conseil dÉtat y signale : Le commissaire du gouvernement n'est pas le représentant de l'administration; en ce qui
concerne le fonctionnement interne de la juridiction, il ne relève que de la seule autorité du président de celle-ci ; il a
pour mission d'exposer au Conseil les questions que présente à juger chaque recours contentieux et de faire connaître,
en formulant en toute indépendance ses conclusions, son appréciation, qui doit être impartiale, sur les circonstances de
fait de l'espèce, et les règles de droit applicables, ainsi que son opinion sur les solutions qu'appelle, suivant sa cons-
cience, le litige soumis à la juridiction. En fait, la dernière affaire où lon a vu imposer une opinion à un commissaire
du gouvernement remonte à 1852 - affaire de la confiscation des biens de la famille dOrléans.
2 Considérant […] en ce qui concerne, depuis la loi du 24 mai 1872, la juridiction administrative, que lindépendance
des juridictions est garantie ainsi que le caractère spécifique de leurs fonctions sur lesquelles ne peuvent empiéter ni le
législateur ni le gouvernement.